Il y a 70 ans jour pour jour, le Général de Gaulle, exilé en Angleterre, lançait son célèbre appel à travers les ondes de la BBC. Ce jour marquait le début de ce qui allait devenir la France libre. Vendredi 18 juin, sur la place qui porte le nom de la date de l’Appel du Général de Gaulle, le Député-Maire Gilles D’Ettore, accompagné de nombreux élus, est venu commémorer cet événement majeur dans l’histoire de la France.
Accompagnés par la fanfare et les porte-drapeaux, le Député-Maire et les anciens combattants ont tour à tour déposé une gerbe de fleurs sur la stèle commémorative. Puis, les membres du Conseil Municipal des Jeunes ont lu un texte exprimant, à tour de rôle, différents types de courage : militaire, physique, moral, mais aussi le courage devant la mort, celui de décider, et enfin le courage d’accepter une responsabilité et de savoir dire non.
Le Député-Maire est ensuite revenu sur cet épisode marquant de notre histoire et sur le personnage qu’incarnait le Général de Gaulle. “Le 18 juin 1940 est une date singulière dans la longue histoire de notre pays. La France, en un instant, celui d’une intervention radiophonique venue d’Outre Manche, se trouvait définitivement incarnée en un homme jusque-là inconnu de ses compatriotes. Ces idées, le Général de Gaulle les défendaient depuis des années. Elles avaient un certain écho dans quelques milieux intellectuels mais n’emportaient pas l’adhésion, en tout cas pas celle de l’armée enfermée dans ses dogmes nés de la guerre de position que fut celle de 14-18. Il était un homme de l’ombre, un militaire anticonformiste certes, mais dont l’activisme ne s'exerçait que dans le respect des hiérarchies et des légitimités acquises. Ce 18 juin 1940, il décide de franchir le Rubicon. Il le fait au nom de l’honneur et parce qu’il se sent comme désigné par la Providence. Dans ses mémoires de guerre, il écrit ainsi à propos de son discours fondateur : “à mesure que s’enchaînaient les mots irrévocables, je sentais en moi-même se terminer une vie, celle que j’avais menée dans le cadre d’une France solide et d’une indivisible armée. A 49 ans, j’entrais dans l'aventure comme un homme que le destin a jeté hors de toutes les séries”. Le miracle se produisit. Le message du Général, qui appelait le pays à se mobiliser et à reprendre le combat, fut entendu de toutes parts sur le territoire national. Des hommes et des femmes de toutes confessions, de toutes origines sociales et souvent divisés dans leur conception même de la société, se reconnaissaient dans cette voix qui, désormais, était celle de la France. Le chemin serait long, parsemé d’embûches et de drames, il pourrait paraître incertain mais, pour de Gaulle et ceux qui allaient le suivre, il conduisait à la victoire, celle de la France éternelle et des nations qui se veulent libres. A partir de cet Appel, l’héroïsme des Français ne cessa de grandir. Il prit le beau visage de Pierre Messmer à Bir Hakeim, et ceux suppliciés de Jean Moulin et de Bertie Albrecht. Il y eut la résistance intérieure des Henri Fresnay, Pierre Brossolette et Emmanuel d’Astier de la Vigerie, pour ne citer qu’eux.
Il y eut la France libre et l’épopée de la 2ème DB, cette division mythique qui, sous les ordres du Général Leclerc, partit du Gabon en 1940 pour entrer la première dans Paris le 24 août 1944. Il y eut surtout cette jeunesse d’un pays meurtri, abaissé, humilié, qui sut dire non à l’inacceptable et dont nous sommes aujourd’hui les humbles débiteurs. “Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place”. C’est en ces termes que, dans le Chant des Partisans, Joseph Kessel et Maurice Druon nous font si bien ressentir la fraternité unissant cette chaîne humaine qui était celle du sacrifice et du courage. Tout cela fut, et nous emplit encore aujourd’hui de fierté, 70 ans après qu’un homme se soit levé, pour dire non le premier. C’était un 18 juin, le début d’un été rempli d’orages mais qui, déjà, voyait s’allumer les lueurs de l’espérance.”
Pour finir, Yannick Maillot, membre du Conseil Municipal des Jeunes et jeune Ambassadeur de la paix auprès de l’ONU, a pris le micro pour interpréter le Chant des Partisans. La traditionnelle Marseillaise, jouée par la fanfare, a conclu cette émouvante commémoration de l’Appel du 18 juin 940, une date à jamais gravée dans la mémoire de tous les Français.