lundi 05 juillet 2010
Massacre d’Oran : Les familles doivent pouvoir faire leur deuil !
Action Sociale

En ce 5 juillet 2010, malgré une chaleur étouffante, beaucoup de monde s’est recueilli  en Agde devant le monument aux morts dédié à l’Afrique du Nord.

Quarante huit ans après les faits, le massacre d’Oran reste un véritable traumatisme pour les familles “pieds noirs”.

CommémorationRobert Craba, le président de l’Amicale des Français d’Afrique du Nord d’Agde, se pose encore la question : “mais pourquoi les 18 000 soldats français, commandés par le général Joseph Katz, n’ont-ils pas bougé pendant les 6 heures qu’a duré cette boucherie ?”
Cette violence était malheureusement prévisible, dans le droit-fil de ces années de guerre ! Au crépuscule de l’Algérie française, la grande ville de l’Ouest algérien est le dernier bastion de l’OAS. Alors que l’indépendance devient inévitable, les ultras de l’Algérie française multiplient les destructions, les attentats aveugles, les assassinats. Dans ce contexte, les enlèvements de pieds-noirs représentent une forme de terrorisme silencieux, un effrayant “message politique” destiné à les faire fuir. Pour les autorités algériennes, l’alibi est de livrer une guerre sans merci aux partisans de l’OAS. Mais, en réalité, ces enlèvements sont aussi motivés par la soif de vengeance. Alors que les durs de l’OAS ont quitté Oran durant les derniers jours de juin, les Européens les plus modestes, les plus isolés, deviennent des proies faciles que l’on peut dépouiller et assassiner. Combien de morts, combien de disparus exactement ? Nous ne le saurons sans doute jamais... D’aucuns parlent de 2 000, d’autres évoquent le chiffre de 3 000, ils seraient 453 à avoir été enlevés entre le 5 et le 7 juillet, selon l’étude commandée en 2006 par le ministère des Affaires étrangères et qui s’appuie sur la totalité des dossiers des pieds-noirs disparus en Algérie de 1954 à 1962.

CommémorationLe Premier Adjoint au Maire et Conseiller Général, Sébastien Frey, accompagné de Rémy Glomot, Conseiller municipal délégué aux Associations Patriotiques, a déposé une gerbe en mémoire des disparus, tout comme les représentants de l’Amicale. Puis lors de son discours il a souligné que “plus que le nombre de victimes, ce qu’il nous faut retenir aujourd’hui de cet événement éminemment tragique, c’est que la haine mène toujours au conflit et à la guerre. Pourquoi, quarante-huit ans après, revenir sur cette comptabilité macabre ? D’abord, parce qu’il faut dire la vérité et permettre aux familles de faire leur deuil… Pour autant, si de vieilles haines intactes continuent de sourdre de cette faille de l’histoire franco-algérienne, le fait que nous soyons réunis ici, aujourd’hui, rapatriés, Français de métropole, représentants de l’Etat, est un signe positif. Il est le révélateur d’une envie commune de dire les choses, pour ne pas les oublier, mais aussi de regarder l’avenir ensemble. Ayons une pensée pour toutes ces victimes innocentes et souvenons-nous qu’Agde, restée fidèle à sa vocation d’accueil, a accueilli en son sein de nombreux rapatriés. Désormais, l’important est de vivre ensemble, dans le respect de nos différences et dans celui des valeurs de notre République, et de cicatriser ces blessures difficiles pour nous, pour vous, et pour nos enfants”.