jeudi 26 août 2010
Commémoration du Débarquement des Alliés en Provence
Commémoration

Commémoration du Débarquement des Alliés en ProvenceLe débarquement en Provence, le 15 août 1944, plus précisément entre Saint-Raphaël et Cavalaire a été le prélude à plusieurs objectifs. Prioritairement, la libération de Marseille et de Toulon, puis la jonction avec l’Italie d’une part, et avec les forces débarquées en Normandie le 6 juin 1944, d’autre part. C’est à la Grande Conque, au Cap d’Agde, face au Mémorial du Débarquement en Provence, que se sont réunis autour du Député-Maire Gilles D’Ettore, le Conseil Municipal, les associations patriotiques, les porte-drapeaux, et un public venu nombreux pour commémorer cet instant historique en ce dimanche 15 août 2010.

Commémoration du Débarquement des Alliés en ProvenceAprès avoir hissé les couleurs, après la minute de silence et la Marseillaise, nombre de gerbes de fleurs ont été déposées au pied du monument par les représentants des associations patriotiques. Pierre Conan, représentant Paul Alric, Président de l’Union Nationale des Combattants, section Agde, retenu par des obligations familiales, a lu le discours prononcé par Edouard Balladur, Premier Ministre lors du cinquantenaire de cet événement. Ce dernier reprend l’épopée de “la Première Armée Française, entrée dans l’histoire sous le nom de Rhin et Danube” qui avant d’atteindre Colmar a dû combattre sur d’autres fronts : “D’abord, pour unifier l’extraordinaire diversité de ses composantes (…), il a fallu toute l’autorité d’un chef comme le Maréchal De Lattre pour rassembler ces 250 000 hommes et en faire une Armée qui permette à la France, après la glorieuse campagne d’Italie, de retrouver les chemins de la victoire”. “C’est le Débarquement en Provence et l’extraordinaire rapidité de la prise de Toulon et Marseille ! Puis c’est la poursuite tout au long de la vallée du Rhône, d’un ennemi contraint à la retraite. Dès le 12 septembre, dépassant toutes les prévisions, à lieu la jonction symbolique avec cette autre unité légendaire venue de Normandie, la Première Division Blindée. A l’automne, la plus grande partie du territoire est libérée”. “Les héros de la première Armée Française méritent la place réservée à la commémoration de leurs glorieux faits d’armes. Ils ont le droit à la reconnaissance de la Nation”.

Commémoration du Débarquement des Alliés en ProvencePierre Conan a ensuite cédé la parole au Député-Maire Gilles D’Ettore. “Le 15 août 1944, débutait, sur les plages de Provence, le débarquement des forces alliées destinées à ouvrir un nouveau front, face à un dispositif ennemi désormais atomisé. C’était une étape déterminante dans la reconquête du pays entamée dès le mois de juin avec le Débarquement en Normandie. C’était plus encore le signal symbolique et réel de la reprise en main par les Français de leur propre destin.
Partout sur le territoire national, les forces françaises nées de la résistance intérieure ou venues d’Afrique du Nord convergeaient pour redonner au pays les moyens et la légitimité nécessaires au recouvrement de son indépendance. Cette renaissance d’une nation qui 4 ans auparavant avait sombré corps et âmes dans un naufrage qui avait semblé à certains définitif au point de les engager dans la voie abjecte de la collaboration, était de nature à éclairer le monde sur le caractère immuable de notre identité et des valeurs qui la nourrissent.
La France du Général de Gaulle, celle qui avait su préserver la dignité de notre civilisation, reprenait sa place dans le concert des nations, forte du courage de ses hommes et de la vision de celui qui guidait leurs pas. Ce qui pouvait apparaitre aux yeux de tous comme un miracle était le fruit de l’œuvre accomplie par tous ceux, toujours plus nombreux, qui depuis le 18 juin 1940 avaient fait le choix de l’honneur. Jamais la France n’avait à ce point frôlé l’abîme.
Sa résurrection n’en était que plus émouvante pour tous ces patriotes qui par delà leurs différences avaient su se rassembler pour participer à la victoire. La France était à nouveau au rendez-vous de l’histoire. Quelques mois plus tard, elle serait à la table des vainqueurs pour parapher la capitulation de l’Allemagne. De Lattre de Tassigny était assis au côté du Russe Joukov, de l’Américain Eisenhower et du Britannique Montgomery. Il avait conduit avec la première armée 260 000 hommes au combat qui parti des rives de la Méditerranée avait remonté la vallée du Rhône, libéré l’Alsace et traversé l’Allemagne jusqu’au Danube. A la tête des unités combattantes, riches de l’apport des FFI et de l’Armée d’Afrique, et doté de cette force mécanique que le Général de Gaulle avait si souvent appelé de ses vœux avant guerre, le Roi Jean avait, ce 8 mai 1945, le visage de la France, d’une France ancrée dans ses traditions mais d’une France à la vocation universelle dont le destin était si intimement lié à celui des peuples qui se battent pour la liberté.
N’oublions jamais la fraternité qui unissait ces hommes venus de contrées si éloignées les unes des autres mais dont l’avenir dépendait du combat mené en commun L’esprit de sacrifice, le courage, la loyauté, c’est l’héritage qu’ils ont laissé à la nation et qu’il nous appartient de transmettre à nos enfants pour que demain comme hier, la France soit à la hauteur de sa mission”