Le bronze à l’époque romaine
Après la généralisation de la fusion réductrice sur les minerais naturels, l’homme a su obtenir un mélange de cuivre et d’étain pour couler le bronze. La rareté de l’étain par rapport au cuivre va imposer des circuits de recherches et d’échanges sur de très longues distances. Ainsi apparaît un tracé de voies commerciales où se rencontraient : prospecteurs, mineurs, forgerons et colporteurs.
A l’image de l’or, le bronze a séduit, dès le IIIème millénaire les grandes dynasties proche orientales et de l’Est méditerranéen, mais il faut attendre 2000 av JC pour voir sa diffusion à l’Ouest, vers l’espace Sud et Nord européen, alors que les peuples hittites diffusent déjà la métallurgie du fer.
Peu de lingots antiques sont découverts sur les sites terrestres car, une fois parvenus à destination, ils étaient utilisés. A l’époque romaine, la production de métaux s’est fortement accrue comme le montrent les découvertes d’épaves sous-marines datant du Ier siècle avant et du Ier siècle après JC).
Dans l’Antiquité romaine, le bronze est d’un usage courant. En effet, il sert pour fabriquer des armes, de la vaisselle, des décors et des statues, des pièces de mécanique ou d’architecture ; l’Etat l’utilise aussi pour une partie de son monnayage. La base de cet alliage est le cuivre, un métal dont la dureté n’est pas suffisante pour nombre d’usages. Aussi les Anciens ont-ils cherché à le rendre plus dur en l’associant avec d’autres éléments, particulièrement l’étain. A l’époque romaine principalement, une quantité variable de plomb est ainsi ajoutée au bronze destiné à être moulé. Les proportions variaient selon l’usage envisagé : vases, chaudrons, statues.
Les motifs sont d’ordre financier d’une part, car le plomb coûte moins cher que l’étain ; d’ordre technique d’autre part, en effet à l’époque romaine, l’usage du fer pour les outils et les armes se développe le bronze est donc utilisé principalement dans la décoration et la statuaire ; or l’adjonction de plomb rend le bronze plus fluide, plus malléable donc plus facilement utilisable pour les moulages ; enfin, d’ordre géographique, l’étain est un métal toujours rare et s’en procurer reste un problème pour les civilisations méditerranéennes, puisque les gîtes connus sont situés dans l’Extrême Occident. Quelque part au sud de la Britannia étaient situées les mystérieuses îles Cassitérides, siège d’un antique commerce de l’étain (gr. kassiteros). En revanche, l’approvisionnement en plomb est sans problème.
A l’époque romaine, les principales régions productrices de ces métaux sont :
Chypre, d’où vient le mot français « cuivre » (lat. cyprium [aes]) a été une grande productrice de ce métal à l’Âge du Bronze, puis épisodiquement à l’époque romaine.