C'est un double événement qui a eu lieu en ce samedi 15 août en haut de la Grande Conque, face au mémorial du Débarquement en Provence. En effet, la cérémonie commémorative du débarquement a été suivie de la remise de la Légion d'Honneur à Paul Alric, Président de l'Union Nationale des Combattants - section d'Agde.
Tout a commencé par un défilé de véhicules historiques, au sein duquel avait pris place le Maire Gilles D'Ettore. Des véhicules qui ont ensuite été exposés et qui ont fait le bonheur des petits et des grands.Après la traditionnelle Marseillaise et les dépôts de gerbes, c'est tout d'abord Paul Alric qui a pris la parole, devant une assemblée nombreuse, dont le Maire d'Agde Gilles D'Ettore, le Premier Adjoint et Conseiller Départemental Sébastien Frey, Robert Craba, Adjoint délégué aux Associations Patriotiques, plusieurs membres du Conseil Municipal, les représentants des autorités civiles et militaires, ainsi que les porte-drapeaux.

Paul Alric a ensuite donné le récit des événements qui se sont déroulés durant ce débarquement de Provence, avant que le Maire d'Agde Gilles D'Ettore ne prenne la parole pour rappeler qu’“à l’aube du 15 août 1944, était enclenchée l’opération Dragoon destinée à libérer le Sud de la France de l’Occupation Nazie, à reconquérir les ports stratégiques de Toulon et de Marseille, et surtout à opérer la jonction avec les forces débarquées deux mois plus tôt en Normandie, et qui s’apprêtent à rentrer dans Paris. Avec le débarquement en Provence, c’est la bataille décisive qui s’enclenche, celle qui conduira les troupes de la 1ère Armée du Général de Lattre de Tassigny et ses 250 000 combattants jusqu’en Allemagne et jusqu’à la capitulation de celle-ci. La Première Armée, encore appelée Armée B au moment du débarquement, était composée pour l’essentiel de Français d’Afrique du Nord qui, indépendamment de leurs appartenances ethniques ou religieuses, combattirent ensemble dans la fraternité, unis par un même amour de la patrie. Beaucoup d’entre eux découvrirent à cette occasion la terre de France à laquelle ils se sentaient liés depuis toujours par l’esprit, la culture et le sentiment d’appartenance à une civilisation de liberté, de paix et de tolérance. Beaucoup d’entre eux devaient y laisser la vie, ayant poussé leur engagement patriotique jusqu’au sacrifice de leur propre existence.
Parmi ces hommes et ces femmes de courage et de conviction, il y avait un grand nombre de Pieds Noirs, dont la mobilisation contribua fortement à la réussite de l’opération et surtout, à renforcer le rôle de nos armées dans la victoire finale des forces alliées. Le débarquement en Provence, pour être un succès, nécessita aussi l’enga- gement des forces françaises de l’intérieur. Ce fut notamment le cas sur notre littoral et son arrière pays, où les maquis furent actifs et apportèrent une contribution essentielle à la reconquête du territoire national. Notre ville d’Agde a vécu douloureusement cette période tragique, qui ne s’acheva pas le 19 août 1944 avec le départ définitif des Allemands, puisque de jeunes Agathois, auxquels notre cité est à jamais reconnaissante, sont morts au combat dans les jours et les semaines qui suivirent. Qu’ils sachent en ce jour de commémoration que nos pensées les accompagnent et c’est toujours avec une profonde émotion que nous prononçons les noms de Claude Vigné, Alexandre Dreuille, Louis Bages, André Veygalier, André Chassefière, Jean Roger ou encore Daniel Richaud, liste non exhaustive de ceux de nos compatriotes agathois qui sacrifièrent leur vie pour notre liberté.
C’est sans nul doute vers eux, et vers tous ceux qui l’ont accompagné tout au long des combats auxquels il a participé, qu’iront les pensées de Paul Alric quand il lui sera remis, dans un instant, la Légion d’Honneur.
Je veux rappeler ici l’engagement héroïque du Maréchal des Logis Alric, qui débarqua à Saint-Raphaël le 21 septembre 1944, puis participa à la libération du pays avec ceux de son régiment de cuirassiers, avant d’être blessé accidentellement en Franche-Comté. Ce qui ne constitua pour lui qu’un empêchement momentané puisque, rétabli, il rejoignit ses camarades en Alsace et participa à l’invasion de l’Allemagne, qui devait aboutir à la capitulation des Nazis.
Paul Alric, je veux vous redire ici, au nom de tous les Agathois, la reconnaissance de nos compatriotes pour ce que vous avez accompli avec vos frères d’armes au service de la France et des valeurs qu’elle incarne. Votre courage et votre abnégation forcent l’admiration de tous et il est bon que notre jeunesse puisse s’inspirer d’exemple comme le vôtre, vous qui avez appartenu à une génération dont le sens du devoir et du sacrifice ont été l’honneur de la France.
C’est avec à l’esprit le souvenir de ce que vous avez accompli, que nous nous tournons vers l’avenir, fort de ce sentiment d’appartenance à un grand peuple qui, en toutes circonstances, finit toujours par se montrer à la hauteur de son destin. Vive la République. Vive la France”.
Puis ce fut un instant rempli d’émotion auquel a assisté la nombreuse assemblée : la remise de la Légion d'Honneur à Paul Alric, afin de saluer son engagement et sa détermination durant la Seconde Guerre Mondiale. Un moment fort qui restera gravé dans les mémoires agathoises. La cérémonie s'est conclue par le Chant des Africains, entonné en chœur par l’assistance.