Mémorial du Débarquement de Provence
Mémorial du Débarquement en Provence

Il était initialement prévu conjointement avec celui de Normandie, le 6 juin, mais avait été déprogrammé faute de moyens maritimes. Il est souvent moins connu que celui des plages normandes. Le Débarquement de Provence, aussi désigné opération “Anvil” puis “Dragoon”, fut pourtant tout autant essentiel le 15 août 1945, instituant une seconde brèche libératrice dans la France occupée. le 14 août, la BBC diffuse des messages pour avertir les réseaux de résistants : “Le chasseur est affamé”, “Nancy a le torticolis”» ainsi que “Le premier accroc coûte 200 francs”...

C’est à l’occasion de l’anniversaire des 60 ans de ce débarquement que ce mémorial, situé face à la mer Méditerranée à la Grande Conque au Cap d’Agde est né à l’initative d’Henri Glomot, alors Premier Adjoint au Maire en charge du monde patriotique. Il a été inauguré le 15 août 2004. Les sculptures représentant des insignes des différents corps d’armées impliquées ont été ciselés par le sculpteur Michel Fuster. Le mémorial est très symboliquement installé juste au-dessus d’un bunker allemand dont on peut voir un reste dans la falaise en contrebas de la Conque. Il comporte 12 stèles pour honorer les initiateurs de la libération du sud de la France.

le Débarquement de Provence prit place sur les côtes entre Toulon et Cannes, plus précisément sur les communes côtières de Cavalaire-sur-mer, Saint-Tropez, Sainte-Maxime, Fréjus et Saint-Raphaël. Les forces provenaient d’Afrique du Nord et d’Italie et de Corse libérés. Comme pour celui de Normandie, des zones de débarquement sont définies préalablement : Sitka, Romeo, Garbo, Alpha, Delta, Camel, Rosie, Rugby et Kodak, la zone maritime de regoupement intial des forces.


La veille, 9 000 hommes sont parachutés, ou arrivent en planneurs entre La Motte et Le Muy, dans l’arrière-pays pour empêcher l’arrivée de renforts allemands.



Le jour J, ce sont 94 000 soldats et 11 000 véhicules qui débarquent à bord de 2 250 navires. Ils seront 324 000 et combattants fin septembre. L'objectif était de débarquer et de constituer une ligne de front de vingt-cinq kilomètres de profondeur (appelée Blue Line), puis d’avancer vers la vallée du Rhône - celle-ci se fera d’ailleurs plus rapidement que prévue – et à terme d’opérer une jonction avec les forces de Normandie. Au soir du 17 août, le bilan fait état de 3546 tués, blessés ou disparus sur les quelques 130 000 hommes débarqués. En face, il y a 210 000 soldats allemands, effectifs qui se réduisent, car l'Allemagne envoie des troupes du sud vers la Normandie.





Soldats américains des 3è, 45è, 36è Divisions d'Infanterie

La force Kodak se compose du quartier général du VI US Corps et de ses unités assignées : les 3e, 45e et 36e divisions d'infanterie, plus un groupe blindé de combat Français et des troupes de soutien. La mission de Kodak est de débarquer trois divisions d'infanterie (renforcées) à l'heure H sur les plages entre Cap Cavalaire et Agay. Une avance rapide devra être faite à l'intérieur des terres pour contacter la 1st Airborne Task Force parachutée autour du Muy.
Dès que les plages seront dégagées, le groupe blindé de combat Français pourra débarquer. La tête de pont devra être prolongée jusqu'à la “Ligne Bleue”, l'objectif D plus 2, et les terrains d'aviation devront être sécurisés dans la vallée de l'Argens entre Fréjus et Le Muy. Une avancée supplémentaire vers l'ouest et le nord-ouest protégera le flanc droit de l'armée; après l'établissement à terre des deux corps français, le contact devra être maintenu. Kodak libérera alors le groupe blindé de combat Français, le Groupe de commandos français et toutes les forces aéroportées sous le contrôle de l'armée sur ordre de l'armée.
Armée de l'Air

En ce début d’année 1944, et en préalable au Débarquement de Provence, la Mediteranean Allied Force qui comporte environ 2000 avions effectue des raids sur des positions stratégiques : lignes de communication, installations industrielles, postes de commandement allemands. Comme pour celui de Normandie, c’est sur une zone très élargie que les bombardements alliés sont mis en place de manière à ce que l’ennemi ne puisse être sûr du but final. Ainsi, cela débute localement par Salon-de-Provence, Istres, Berre l’Etang, Avignon, Saint-Laurent d Var, Orange ou encore Marseille et Toulon. 10 jours avant le lancement de l’opération Dragoon, les bombardements s’intensifient notamment sur Cannes et Béziers afin d’isoler les troupes éloignées du futur champ de bataille. Agde subit les raids. Le château de Baluffe est détruit, alors que d’autres objectifs locaux seront aussi touchés : la gare, l’usine électrique (le Moulin des Évêques) ou encore Saint-Martin-des-Champs au Cap d’Agde.
Bataillon d'Infanterie Légère d'Afrique

Les Bataillons d’Afrique ont joué un rôle majeur lors du débarquement de Provence. Ils sont constitués de tirailleurs sénégalais et algériens, de goumiers et tabors marocains, de pieds-noirs, de marsouins du Pacifique et des Antilles. Dès le débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942, ces soldats africains intègrent une armée française en train d'être reconstituée dans l'Afrique coloniale française. Les Forces françaises libres (FFL), qui comptent dans leur rangs un fort pourcentage de soldats de l'Empire colonial, essentiellement d'Afrique noire fusionnent avec l'Armée d'Afrique (en Algérie, en Tunisie et au Maroc) restée jusque-là fidèle à Vichy. S'y ajoutent des évadés de France. Dirigée par le général de Lattre de Tassigny sous le nom d'armée B (avant de devenir la 1re armée), elle est composée de cinq divisions d'infanterie et deux divisions blindées, équipées par les Américains à partir du printemps 1943.Fin 1944, elle compte près de 600.000 hommes, dont les deux-tiers venus d'Afrique du Nord, parmi lesquels 176.000 "Européens" et 233.000 "musulmans", selon la dénomination de l'époque.
Alors que seuls quelques hommes du commando Kieffer étaient engagés au côté des troupes américaines, britanniques et canadiennes lors du débarquement en Normandie du 6 juin 1944, elle est la première à participer, sous les couleurs françaises, à une opération d'envergure menée par les Alliés. Les troupes coloniales de l'Empire français ont payé un lourd tribut : de 1940 à 1945, 55.000 soldats sont morts.
Troupes Sahariennes

Déjà sous Napoléon, ces troupes étaient chargées des missions de police, d'escorte et plus généralement de présence dans les zones peu peuplées et difficilement accessibles des confins sahariens dans les anciennes colonies du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie et de la Libye.
En règle générale, les unités méharistes étaient composées d’Officier et des sous-officiers encadrant des hommes de troupe indigènes des tribus locales, les Goumiers. Ils se déplaçaient à dos de cheval, mulet, ou dromadaire puis en véhicules au fil du temps.
Sa création officielle date du 5 décembre 1894 et comporte de nombreuses spécialités. C’est l’une des composantes de l’Armée d’Afrique lors du Débarquement.
Bataillon de Choc du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes Français

Ce bataillon de choc est une unité d'élite de l'Armée française formée en mai 1943 à Staoueli en Algérie sur proposition du chef de bataillon Gambiez auprès de l’Etat Major. Inspirée des SAS britanniques, ces parachutistes sont entraînés aux méthodes commandos. Ils ont pour but de départ d'apporter un soutien aux organisations de la Résistance française en vue de renforcer leurs actions, notamment aux éléments implantés clandestinement dans la zone des opérations de débarquement. Tous les chasseurs sont volontaires et réunis autour d'une même doctrine rappelant leurs origines diverses. Elle possède “la puissance de la légion, légèreté du chasseur, chic du cavalier”. Ils devaient en effet être parachutés ou infiltrés dans le dispositif ennemi, capables de durer en climat d’insécurité, de détruire, paralyser et harceler l’adversaire.
Le 13 septembre 1943, l’opération “Vésuve” voit la libération de la Corse, à commencer le débarquement de cette unité à Ajaccio à partir d’un sous-marin bientôt rejointe par le reste du groupe en contre-torpilleurs. Ils atteignent Bastia et Calvi en octobre, puis l'ile d’Elbe (Italie) en juin 1944. L’unité débarquera dans le golfe de Saint-Tropez et participera au combats de Toulon, du 21 au 24 août, puis remontera vers le nord par la vallée du Rhône jusqu’à Grenoble et Lyon, puis Dijon, Belfort et delà vers l’Allemagne et l’Autriche.
1ère Armée Française "Rhin et Danube"

En 1944, la 1ère armée Française débarque en Provence et remonte vers son but final : Berlin. Elle est formée d’éléments des Forces Françaises Libres et d’unités de l’armée d’Afrique (Maghrébins, Pieds-Noirs, Sénégalais et Français de Métropole) et participe largement à la libération de villes comme Toulon, Marseille, Aix-en-Provence Montélimar, et même Grenoble avec 83 jours d’avance sur les prévisions puis continue son avancée vers la frontière allemande. Ses effectifs évoluent à 260 000 hommes au passage en Allemagne après l’adjonction d’autres divisions et bataillons. Elle est désormais composée de Français, d’Algériens, de Marocains, de Coloniaux et de Tunisiens. Suite à de durs combats dans la “poche de Colmar”, elle sera la première à atteindre le Rhin au niveau de Leimersheim, près de Kalsruhe, le 19 novembre 1944 à 19h sous le commandement du Général De Lattre de Tassigny, avec parmi eux des Agathois : le Sapeur Emmanuel Boitier et le Lieutenant Maurice Pacull ou encore le maréchal des Logis Paul Alric. Ils seront 50 432 à donner leur vie pour la libération du territoire national. C’est après le Débarquement de Provence, après la Victoire du 8 mai 1945, que ce régiment a reçu le nom de “Rhin et Danube”, portant ainsi les armoiries de Colmar sur leur propre insigne.
Chars de Combat

Le Débarquement amène des combattants, mais aussi le matériel nécessaire et des moyens de combattre roulant, ainsi en est-il des chars. Près de 500 (800 en septembre) seront débarqués en 2 jours. En face, l’Allemagne n’en aligne que 36 !
Partis de Tarente en Italie entre le 11 et le 13 août à bord de paquebots ou de cargos, les troupes françaises rassemblées dans “l’Armée B” (future 1ère Armée “Rhin et Danube” commandée par le général De Lattre de Tassigny) débarquent aux abords de Saint-Tropez, pour ce qui est de la 3e DIA (Division d'Infanterie Algérienne), plage de la Foux.
Les chars moyens M3 Stuart du 1er escadron du 5e RCA (Régiment de chasseurs d'Afrique) de la 1re DB (Division blindée), sont quant à eux débarqués sur la plage de la Nartelle à Sainte-Maxime. Ils se dirigent vers leur zone de regroupement aux alentours de Grimaud. Les deux groupes progressent alors vers leur objectif, Toulon et Marseille.
Infanterie de Marine

Régiment crée au 18ème siècle et fils du régiment Royal de Marine fondé par Louis XIV en 1669, il a pour vocation de défendre les intérêts de la France maritime. Il changera de nombreuses fois de nom ou d’appellation au fil du temps et participera à de nombreux conflits : Guerre de Crimée, au Sénégal, en Chine, en Cochinchine et en Annam, en Inde, au Cambodge, au Japon et durant Première Guerre mondiale. Il possède des détachements dans les outremers français. En 1939, deux bataillons provenant de la région parisienne ont assuré la garde des réfugiés espagnols dans le Midi pendant l'année 1939.
En 1942, c’est après de lourdes pertes durant le siège de Bir-Hakeim, qu’un nouveau bataillon est formé à partir de deux bataillons et devient le Bataillon d’infanterie de Marine et du Pacifique, intégré à la 1ère division française libre. Il comporte des engagés venus de l’armée d’Afrique, des “évadés de France” des Corses, mais également quelque Kanaks, Wallisiens, Guadeloupéens, Martiniquais, Néo-Calédoniens, Saint-Pierrais ou Tahitiens.
En effet, en octobre 1940, la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie et les Nouvelles-Hébrides ralliées à la France libre créaient un bataillon. Le 21 avril 1941 un navire quitte Papeete avec 300 volontaires Tahitiens à destination de Nouméa. Le bataillon du Pacifique est alors formé. Après des batailles victorieuses en Afrique contre les troupes de Rommel, c’est l’arrivée et les batailles autour de Naples puis les préparatifs du débarquement depuis Tarente. C’est à La Londe-les-Maures qu’elle aidera des unités américaines, puis cap sur Bormes puis Hyères et Toulon avant d’avancer vers ne nord de la France.
Officier de Marine

Cette stèle rend hommage aux Officiers de Marine des quelque 880 navires Anglo-américains et surtout des 44 Français qui ont apporté les forces suffisantes au débarquement. Un officier de marine est à la fois militaire, marin et ingénieur. S'il commande un bateau ou un sous-marin, il dirige les manœuvres et veille à la mise en œuvre et à l'entretien des matériels.
Le débarquement anglo-saxon en Afrique du Nord, les 8-10 novembre 1942, l'invasion de la zone libre par les Allemands et les Italiens, le 11 novembre 1942, et, naturellement, le sabordage des forces de haute mer, le 27 du même mois, modifièrent totalement la donne politico-militaire et favorisèrent l'engagement dans la résistance intérieure de nombre d’officiers de Marine. Pour beaucoup d'entre eux, le serment de fidélité au maréchal Pétain, chef des armées etait devenu caduc. Surtout que la Marine fut dissoute. Dans ces conditions, nombre d’officiers de Marine désireux de reprendre la lutte décident de quitter la France et de rallier l'Afrique du Nord, via l'Espagne.
col-sm-12En un an, du 1er août 1943 au 1er août 1944, la « Marine Libre française» passa de 3 000 officiers et 40 000 hommes à 3 400 officiers et 48 200 hommes, sans compter 1 100 femmes du Service féminin de la flotte créé le 18 septembre 1943. D’autres officiers restent en métropole, s'engagèrent dans la résistance active.
À partir du jour “J”, des tirs d’appui depuis des unités françaises furent effectués sur toute la côte de Hyères jusqu’à Fos-sur-Mer, les îles de Marseille et Saint-Mandrier où les bâtiments tirèrent près de 7 500 coups de canons de gros et moyens calibres.
Après la libération, il était indispensable que la Marine fut présente dans tous les ports aussitôt leur libération, pour y assurer la conservation et l’exploitation du matériel et des installations. A cet effet, des “Unités Marines” provisoires ont été immédiatement mises sur pied dans chaque port de la côte méditerranéenne, sous le commandement des divers Officiers de Plage. Ces officiers eurent pour mission d’assurer, entre les autorités civiles et les autorités alliées, toutes les liaisons utiles - en particulier pour tout ce qui concerne l’exploitation des ports et la reprise de la pêche.
Légion Etrangère

Durant la Seconde Guerre mondiale, la Légion Étrangère voit s’engager des Républicains espagnols, des Tchécoslovaques – notamment ceux venus à Agde en 1940 -, des Juifs d’Europe centrale, des Polonais, auxquels s’ajoute un contingent nettement moins important d’antifascistes allemands, autrichiens ou italiens, et également des engagés de France métropolitaine ayant fui le pays occupé et certains légionnaires qui choisissent la France Libre et rejoignent la 13e Demi-Brigade de la Légion Étrangère (DBLE), première unité combattante du Général de Gaulle. Par la suite, ils sont rejoints par les régiments d’Afrique du Nord et participent ensemble à la campagne de la libération du territoire métropolitain et à la campagne d’Allemagne.Elle est impliquée dans le conflit depuis les sables de Bir-Hakeim, tout d’abord en combattant l’Afrika-Korps, force allemande du Marechal Rommel en Afrique du Nord, puis à El-Alamein en 1942, durant la campagne de Tunisie. Elle participe au Débarquement de Provence et à la libération de Colmar et de Mulhouse.